EP 2013

by HOOVERVILLE

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1.
04:01
- Alfred - patriotisme criminel à l’ombre d’un drapeau capital assassin à l’abri des balles et chacun ses couleurs un mot d’ordre et sa bannière et chacun ses couleurs et sa bannière mais partout sur le front la douleur est la même et le sang qu’on y verse lui n’a qu’une seule couleur gueules d’acier, sourires barbelés corps cassés qui se demandent si toutes les plaies se referment un jour rien à gagner mais tout à perdre et quand on a tout perdu la mort est un cadeau du ciel qu’on ouvre comme on s’ouvre les veines pris dans la mitraille gisant sous un ciel incandescent, j’ai : les paupières qui traînent à terre les entrailles en éventail le cœur au milieu des viscères et les morceaux de nous, calcinés comme nos espoirs et nos souvenirs, emportés par le souffle de l’obus qui tue alors, à ceux qui l’ignorent encore à ceux qui oublient malgré tout : les balles qui sifflent sur le soldat creusent la tombe du travailleur lui qu’on saigne chaque jour et chaque jour pour voir un jour de plus flamber les cours
2.
- La chorale des damnés - c’est quand il se passe plus rien qu’on entend les pires conneries des millions de couplets un seul et même refrain quartier désert trottoir et lampadaire quelques ruelles à traverser encore des visages familiers la mine atroce des mauvais jours mieux vaut garder le silence corps qui se traînent qui s’agitent en pure perte carcasses vidées de tout qu’on laisse mourir sans rien faire étreintes inutiles pendant que la ville nous dévore de ses supplices tentaculaires à te rendre aveugle et sourd seul au milieu des autres et pourtant paraît que rien n’est éternel ni ces boussoles qui se perdent ni ces taudis qu’on remplit de sourires qu’on noircit ni ce putain d’espoir que je traîne comme une paillasse et que ce monde usé n’en finit plus de fouler à ses pieds
3.
03:26
- Camarade - décidément je sais plus trop comment m’y prendre avec moi-même ouais j’ai beau me dire et faire comme si tout ça n’avait plus d’importance mais les choses me reviennent une à une et intactes à cran car quelque chose va en grandissant hier comme aujourd’hui chacun confie son âme à celui ou celle qui adoucira ses peines pour certains là où tout s’achète et se vend une parcelle d’existence à prendre ou à vendre et l’avantage au plus offrant mais en attendant l’échéance comme ces horloges pendues au plafond nos heures s’écoulent inexorablement et pour chaque seconde égrenée chaque minute et chaque année pourvu qu’il reste encore quelques âmes pour y croire encore mais j’oublie qu’il nous faut tenir encore, rangs serrés, torses bombés et sans cesse en quête de "rend fort" puisqu’ici camarade dorénavant comme aux Marquises  gémir n’est plus de mise puisqu’ici camarade dorénavant comme aux Marquises  gémir n’est plus de mise

about

" Il n’est pas artiste à s’encombrer de considérations inutiles ni de détails superflus et s’il agrémente le paysage musical nordiste en général et lillois en particulier depuis 2007, c’est pour mieux y partager avec le public une musicalité folk teintée d’une énergie punk. À la tête d’une discographie faite de quelques EP, Hooverville nous avait dévoilé trois titres de plus sur son « EP 2012 », un exercice qu’il a tout naturellement renouvelé à l’automne dernier avec un « EP 2013 », pourquoi se casser la tête, et où il a glissé cette fois encore trois nouvelles compositions, sa dose, ses dix minutes annuelles diront les connaisseurs … Mais quelles minutes ! La guitare plantée à même l’ampli, les doigts qui courent sur le manche sans trop se poser de question, la voix qui n’essaie pas d’en faire des tonnes là où quelques grammes suffisent, Hooverville ne change pas une formule qui gagne, tout au plus s’efforce-t-il de l’emmener un peu plus loin avec des chansons comme l’épatant « Alfred », « La chorale des damnés » délicatement arrosée d’harmonica et enfin le très fédérateur « Camarade », des titres que l’on verrait bien dans un répertoire à la Bob Dylan, à la Johnny Cash ou encore à la Renaud dans la première décennie de sa carrière. Simple mais efficace, cette nouvelle livraison ne souffre d’aucune faute de goût, d’aucun couac, pas même d’un tout petit accroc qui serait prétexte à parler de plantage ou d’erreur d’aiguillage, bien au contraire puisque Hooverville flirte, avec une certaine indécence, avec la perfection, mais une perfection qui a su rester punk dans l’âme, et c’est bien là le principal. N’allez pas chercher midi à quatorze heures, avec le Lillois tout est clairement annoncé sur l’emballage et il est clair que l’on est loin d’avoir atteint la date limite de consommation ! "

Écrit par Fred DELFORGE (ZICAZIC.COM)

credits

released September 1, 2013

Enregistrement et Mixage : LH CHAMBAT (Studio ORPHEUS)

Mastering : R3myBoy

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about

HOOVERVILLE Lille, France

Hooverville est un musicien originaire de Lille aux influences Folk et Rock.
"Hooverville" évoque les bidonvilles apparus au moment de la crise de 1929 aux États-Unis, sous la présidence de HOOVER.

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